Île d'Yeu · Hors saison

L'île d'Yeu aux ailes de saison

Coucher de soleil hors saison à la Pointe du But, île d'Yeu — le temps s'arrête

Il y a deux façons de venir sur l'île d'Yeu.

La première, c'est juillet-août. Vous serez en bonne compagnie — trop bonne compagnie, même. Les bateaux sont pleins, le port déborde, et moi je perds mes repères. Je vous aime quand même, mais je ne vais pas vous mentir.

La deuxième façon, c'est ce que j'appelle les ailes de saison. Mai, juin d'un côté. Septembre, octobre de l'autre. L'île avant et après — celle que les Islais connaissent, celle qu'ils préfèrent partager.

C'est celle-là que je vous recommande.

Pourquoi les ailes de saison ?

Sur l'île d'Yeu, la vraie vie ne s'arrête pas en septembre. Elle recommence.

L'été, l'île se remplit et se vide au rythme des bateaux. C'est bien, c'est nécessaire — sans vous, les commerces ferment, les écoles se vident, et les Islais finissent par devoir partir chercher ailleurs ce que leur île ne peut plus leur offrir. Mais l'été, ce n'est pas l'île. C'est une version de l'île.

Les ailes de saison, c'est l'originale.

Le chemin de vingt minutes jusqu'à la Pointe du But redevient le mien. Le port retrouve ses habitudes. Les copains ont le temps de parler — pas juste de se saluer en courant. L'île respire autrement. Et moi avec.

Le printemps — mai et juin

C'est la saison que je préfère pour ceux qui viennent pour la première fois.

L'île se réveille doucement. Les oyats repoussent sur les dunes, les oiseaux s'installent, la lumière du soir s'étire de plus en plus tard. Et il y a du monde — mais le bon monde, celui qui est venu pour voir, pas pour être vu.

En mai, certaines années, l'île s'arrête pour la Fête des Fleurs. Des chars entiers construits de fleurs naturelles défilent dans Port Joinville — un spectacle que les Islais préparent des mois à l'avance et qui ne ressemble à rien d'autre. Les années sans Fête des Fleurs, c'est la Fête de la Mer — la bénédiction des bateaux, les navires qui partent en cortège, les grillades sur le port le soir. Dans les deux cas, vous n'êtes pas touriste ce jour-là. Vous êtes invité.

En juin, le Trail de l'île d'Yeu fait courir près de mille personnes sur les sentiers de la côte sauvage — 13, 23 ou 45 kilomètres selon votre courage. Moi je regarde, à vélo, depuis un caillou bien choisi.

L'automne — septembre et octobre

L'automne sur l'île, c'est un secret que les Islais gardent jalousement.

La lumière change. Elle devient dorée, rasante, presque tangible. Les couchers de soleil à la Pointe du But prennent des couleurs qu'on ne voit pas en été — des oranges profonds, des rouges qui traînent longtemps sur l'horizon. En octobre, à 18h43 par exemple, la lumière fait des choses sur l'eau qu'on ne voit nulle part ailleurs.

Et il y a les Berniques. Chaque automne, ce festival anime les bars et cafés de l'île après le tumulte de l'été — de la musique, des gens, de la chaleur. Pas pour les touristes. Pour l'île. Mais si vous êtes là, vous êtes les bienvenus.

La saison culturelle islaise reprend aussi — spectacles, concerts, expositions. Une vie de village qui tourne pour ceux qui y vivent, pas pour ceux qui visitent. Être là en octobre, c'est voir ça de l'intérieur.

Venir, c'est simple

La traversée tourne toute l'année. Moins de bateaux hors saison, mais ils sont là — Compagnie Vendéenne ou Yeu Continent, selon votre départ.

Une fois sur l'île, un vélo suffit. L'Autobécane est ouvert 365 jours par an — c'est mon point de chute le reste de l'année, quand Veloya a fermé avec les beaux jours. Pour les petits, Lilavelo ouvre d'avril à octobre.

Pas besoin de voiture. Mais réservez quand même votre vélo, même hors saison — ça aide les loueurs à s'organiser, à prévoir le bon nombre de bicyclettes et le bon accueil. Un petit geste qui fait vivre l'île, du premier au dernier jour de l'année.

Et le bon moment, c'est maintenant — quel que soit le mois affiché sur votre calendrier.

Après 2 jours sur l'île d'Yeu — l'effet Guy Don

Certains reviennent changés. C'est normal. L'île d'Yeu fait ça.

Guy Don ne dit pas qu'on ne vous avait pas prévenus.

Les plus beaux moments des ailes de saison ? Ce sont les couleurs de l'île, au bon endroit, au bon moment.

Vous ne connaissez pas encore Guy Don ? Il est par là.

Guy Don est sur le port. Il a le temps.